Le 10 septembre est la Journée mondiale de prévention du suicide. On ne le répétera jamais assez : la bienveillance, l’empathie et la solidarité peuvent contribuer à sauver des vies. Souvenons-nous que faire du suicide un sujet tabou ne provoque pas son inexistence.
La Journée mondiale de prévention du suicide existe depuis 2003, grâce à l’Association internationale pour la prévention du suicide (International Association for Suicide Prevention : IASP), en collaboration avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
L’objectif de cette journée est de mettre en lumière les accompagnements qui ont été créés pour venir soutenir les hommes et les femmes, peu importe l’âge et la condition sociale, en détresse psychologique.
La liste des aides est grande et variée. Celle que tout le monde peut apporter est l’écoute. En effet, une personne ayant des idées noires peut avoir besoin d’être écoutée et comprise pour oser solliciter des psychologues et autres professionnels de la santé mentale.
Cependant, chacun sait qu’orienter une personne dans une situation délicate n’est pas chose aisée. C’est pour cela que l’organisme GEPS propose des formations pour apprendre les comportements à adopter face à une personne dans le besoin.
Il n’y a pas qu’une seule façon de s’ôter la vie, tout comme il n’y a pas une seule manière d’être en souffrance psychique : que ce soit à cause d’un traumatisme, d’une agression, d’un harcèlement, d’un burn-out, d’un deuil, d’un licenciement, d’une séparation, d’une perte de revenus, d’une famine, d’une pathologie, d’une injustice ou autre, il ne faut jamais avoir honte ni rester dans son mal-être.
N’importe qui peut avoir des pensées suicidaires pour n’importe quelle raison et il ne faut pas les minimiser. Il est possible de téléphoner au "3114" n’importe quand, gratuitement et de façon confidentielle. Ce numéro national de prévention du suicide est celui de professionnels de la santé mentale. C’est également le cas du numéro de téléphone "0 800 235 236" pour joindre le Fil Santé Jeunes. Le principe est le même (mais avec une discontinuité), mais réservé aux enfants et adultes entre 12 et 25 ans. Parmi d’autres numéros, il y a également le "09 72 39 40 50" pour joindre l’association SOS Amitié. Là aussi, une écoute permanente, gratuite et confidentielle est proposée.
Hormis les numéros de téléphone, il y a des lieux où il est possible de se rendre dans les moments compliqués. Par exemple, il y a le dispositif VigilanS, qui permet à des personnes ayant déjà tenté de se suicider d’être accueillies dans un centre d’aide.
Il est temps de citer quelques chiffres. Il faut savoir qu’en France, il y a autour de 9 000 suicides par an et 200 000 tentatives connues. En 2016, l’Agence nationale de santé publique (surnommée "Santé publique France") a alerté sur le taux de suicide dans notre pays. On y apprenait que les hommes étaient majoritairement touchés par le passage à l’acte et que ce nombre augmentait, pour les hommes comme pour les femmes, avec l’âge. Par conséquent, le suicide était la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans et la première chez les 25-34 ans. Dix ans plus tard, les statistiques semblent démontrer le même constat.
Concernant le monde entier, le nombre de suicides annuels est d’environ 720 000. Plus de 70% de ces passages à l’acte se font dans des pays à revenu faible ou intermédiaire et aucune tranche d’âge n’est épargnée.
Chaque année, la Journée mondiale de prévention du suicide s’articule autour de grands thèmes donnant lieu à des conférences et débats entre professionnels, auxquels peuvent assister les particuliers. En 2026, le slogan est "Changer le discours sur le suicide" ("Changing the narrative on suicide"). Parmi les multiples événements prévus, il y a des conventions organisées où ces sujets sont abordés : le suicide en Afrique subsaharienne, la libération de la parole sur le suicide, la prise en compte de la santé mentale des jeunes, les femmes victimes d’agressions et le renforcement de la prévention contre le suicide. L’objectif principal est d’alerter sur le fait qu’en France ou ailleurs, le passage à l’acte suicidaire tue par milliers sans faire de distinction.
Insister sur la prévention n’est pas inutile puisque cet enjeu de santé publique majeur n'a été plus ou moins reconnu comme tel par le monde qu’en 2011 (la France dès les années 1990). En effet, c’est cette année-là que cette Journée mondiale a pris de l’importance puisque 40 pays ont participé en organisant des conférences pour lutter contre le suicide. La plupart de ces États se sont fondés sur la politique de l’ONU, détaillée dans le texte "Prévention du suicide : Directives pour l'élaboration et la mise en œuvre de stratégies nationales" de 1996.
"Il n’y a qu’un problème philosophique vraiment sérieux : c’est le suicide. Juger que la vie vaut ou ne vaut pas la peine d’être vécue, c’est répondre à la question fondamentale de la philosophie" : Albert Camus, "Le Mythe de Sisyphe", 1942.
Le quiz qui suit va revenir sur la prévention du suicide mais également sur la représentation du suicide, en France.
En effet, la culture (mondiale) ose peindre, jouer, chanter, écrire et rire avec le thème du suicide. C’est le cas d’Edouard Manet, de Luca Giordano, de Nicolas Cage, de Nicole Kidman, des Rolling Stones, de Lynda Lemay, de William Shakespeare, de Virginia Woolf, de Jérémy Ferrari, de Pierre Desproges et de tant d’autres.
Bon quiz !