Le 30 janvier 2026, nous avons appris le décès de Catherine O’Hara. Cette triste nouvelle a endeuillé le monde du septième art et provoqué une vague de nostalgie chez les spectateurs. En effet, cette actrice a marqué toutes les générations grâce à son charisme, son talent et son humour.
Catherine Anne O’Hara, simplement appelée Catherine O’Hara, est née le 4 mars 1954 à Toronto (au Canada). Elle a grandi dans une famille de sept enfants et a fait ses études au Burnhamthorpe Collegiate Institute.
Elle se tourne très vite vers le métier d’actrice puisqu’en 1974, elle intègre la troupe de théâtre "The Second City". Elle commence par être la doublure de Gilda Radner, puis obtient ses propres rôles lorsque celle-ci quitte le théâtre pour la télévision.
C’est grâce à cette troupe qu’O’Hara apparaît pour la première fois sur les écrans. Dès 1976, "The Second City" crée l’émission "Second City Television", dans laquelle Catherine O’Hara joue plusieurs sketchs et écrit même le scénario de certains épisodes. Cela lui vaut des nominations ainsi qu’une récompense aux Emmy Awards en 1982.
Devenue un nouveau visage de la comédie, aussi bien comme actrice que scénariste, O’Hara se lance en parallèle de la troupe dans une carrière solo, en jouant dans le film "Double Negative" en 1980 et en doublant des personnages animés dans quelques téléfilms.
Il faut attendre 1986 pour que la France la découvre sur grand écran grâce à la comédie dramatique acclamée "After Hours" de Martin Scorsese, dans laquelle elle interprète Gail, un second rôle essentiel. Cette année-là, elle joue également sous la direction de Mike Nichols, même si son rôle dans "La Brûlure" reste très secondaire.
O’Hara devient véritablement incontournable à partir de 1988 en incarnant Delia Deetz, la belle-mère snob et égocentrique de Lydia (jouée par Winona Ryder), dans la cultissime comédie fantastique "Beetlejuice" de Tim Burton. Ce rôle extravagant confirme son charisme et sa drôlerie.
La décennie suivante débute avec son rôle le plus mémorable : Kate McCallister, la mère qui oublie son fils en partant en vacances dans "Maman, j’ai raté l’avion" de Chris Columbus. Dans ce film comique iconique, Catherine O’Hara se montre une nouvelle fois très drôle grâce à des mimiques et répliques cultes, tout en étant touchante.
Dans les années 1990, elle collabore avec de nombreux réalisateurs prestigieux, principalement dans des seconds rôles, notamment Warren Beatty, Ron Howard et Lawrence Kasdan. Elle diversifie également les genres : comédie policière et d’action ("Dick Tracy"), western ("Wyatt Earp"), aventure ("Les Légendes de l’Ouest") et comédie romantique ("Méli-mélo"). C’est aussi durant ces années-là qu’elle entame sa collaboration avec le réalisateur Christopher Guest ("Waiting for Guffman", "Bêtes de scène", "A Mighty Wind").
En 1994, elle interprète un autre rôle marquant en prêtant sa voix à Sally, l’amoureuse du personnage principal dans "L’Étrange Noël de Monsieur Jack". Ce rôle illustre l’importance du doublage dans sa carrière, aussi bien au cinéma qu’à la télévision.
Elle tourne encore beaucoup dans les années 2000, mais rarement dans des premiers rôles. On peut notamment citer "Famille à louer", "Les Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire", "Penelope" et "Away We Go". Contrairement aux années 1990, elle joue exclusivement dans des comédies (ou comédies dramatiques, comédies romantiques, comédies fantastiques).
Pendant les années 2010, Catherine O’Hara se fait plus rare sur grand écran. Mis à part son rôle de Mme Kornfeld dans le thriller comique "Kiss and Kill", elle se consacre surtout au doublage pour des films d’animation à succès comme "Un monstre à Paris", "Frankenweenie" et "La Famille Addams".
Bien qu’elle tourne quelques téléfilms depuis le début de sa carrière, c’est en 2010 que son plus prestigieux est diffusé. Sa prestation dans le téléfilm dramatique "Temple Grandin" est saluée par une nomination aux Emmy Awards. Elle y incarne la tante d’une femme autiste qui lui transmet sa passion pour les animaux.
En 2015, alors qu’elle apparaît occasionnellement dans des séries depuis 1990, elle devient la tête d’affiche de "Bienvenue à Schitt’s Creek", une série de six saisons diffusée jusqu’en 2020. Elle y incarne Moira Rose, la matriarche d’une famille aisée contrainte de vivre plus modestement après une escroquerie. Ce personnage devient l’un des plus emblématiques de sa carrière. Grâce à cette série, Catherine O’Hara revient sur le devant de la scène et obtient une nouvelle reconnaissance de ses pairs : elle remporte l’unique Golden Globe de sa carrière ainsi que le seul Emmy Award de sa carrière d’actrice.
Lorsque débute la décennie 2020, la filmographie de Catherine O’Hara est qualitative et enviable. La suite est dans la même lignée. En effet, en 2023, elle revient dans un long-métrage (directement sur Netflix) en jouant la mère du personnage d’Emily Blunt dans le film policier "Marchands de douleur" de David Yates. Dans ce rôle de femme libre et attirée par l’argent, O’Hara rappelle l’étendue de sa palette de jeu.
C’est en 2024 que sortent ses deux derniers films. Il y a d’abord la comédie d’action "Argylle" de Matthew Vaughn, qui lui permet d’interpréter une méchante. Ensuite, il y a la comédie fantastique qui a très bien fonctionné au box-office "Beetlejuice Beetlejuice", où elle reprend l’un de ses rôles les plus importants, toujours sous la direction de Tim Burton. Il s’agit de son dernier film, sans compter sa prestation vocale dans le film d’animation "Le Robot sauvage" à la fin de l’année 2024.
Ses ultimes rôles sont à la télévision en 2025. Elle commence par jouer dans la saison 2 de "The Last of Us", dans laquelle elle interprète Gail, une psychologue endeuillée. Ce rôle complexe et sombre, très loin des prestations comiques ayant fait sa gloire, offre la possibilité à Catherine O’Hara de démontrer une dernière fois qu’elle est également une excellente actrice dramatique. Grâce à sa performance, elle obtient une nomination aux Emmy Awards 2025.
Elle termine en prêtant ses traits à Patty Leigh dans la première saison de "The Studio", une satire d’Hollywood dans laquelle O’Hara est une productrice voulant prendre sa revanche sur l’industrie du cinéma. Loin de l’univers apocalyptique de la précédente série, elle nous livre une prestation tout aussi parfaite. Pour cet ultime rôle, Catherine O’Hara est nommée aux Emmy Awards 2025 et aux Golden Globes 2026.
Au-delà de la brillante actrice qu’elle était et de sa carrière remplie de succès, qui lui a permis de donner la réplique à d’autres légendes du cinéma (dont Meryl Streep, Jack Nicholson, Al Pacino, Robert Duvall, Glenn Close, Kevin Costner, Jack Black, Ben Affleck, Jim Carrey, Robert Downey Jr, Andy Garcia, Samuel L. Jackson, Willem Dafoe et Monica Bellucci), Catherine O’Hara était aussi passionnée de chant et a d’ailleurs chanté pour certains rôles.
Catherine O’Hara est décédée à Los Angeles le 30 janvier 2026 à 71 ans. Elle laisse derrière elle son mari Bo Welch ainsi que leurs deux fils (Matthew et Luke). Elle laisse également des millions de fans de tous âges et une industrie qui, seulement quelques semaines plus tôt, lui témoignait encore son admiration.
Bien qu’elle ait été atteinte de la dextrocardie avec situs inversus, c’est une brève maladie qui l’a emporté. Pour l’instant, aucune autre information n’a été communiquée sur cette "brève maladie" (qui n’aurait pas de lien avec la dextrocardie).
Évidemment, de nombreux hommages lui ont été rendus pour saluer la mémoire d’une femme drôle et lumineuse ainsi que d’une actrice incroyablement douée : Steve Martin, Pedro Pascal, Seth Rogen, Sharon Stone, Michael Keaton, Mark Carney...
Pour terminer cet article, et avant de laisser place au quiz, je donne la parole à l’inoubliable Catherine O’Hara : "Dis bonsoir, Kevin" (Catherine O’Hara en Kate McCallister dans "Maman, j’ai raté l’avion").
Bon quiz !