Eh bien, je dois avouer que Cornélius avait presque tout bon...
Avec mon pote Marcel, nous étions détenus contre notre volonté à la prison de Fleury-Mérogis encore très récemment. Je peux vous certifier que de "Fleury", elle n'en a que le nom et, qui plus est, elle ne sent pas la rose. Mais bon, bref, suite à de nombreuses années d'enfermement et donc au bout du rouleau, nous comptions nous faire la belle, avec Marcel. Nous avions tout prévu. Le plan était machiavélique et très certainement inédit : nous avions trente mètres de corde pour passer par-dessus le mur d'enceinte. Et, à la veille de prendre la tangeante, voila-t'y pas que René, notre sympathique maton et de surcroît complice, à qui nous avions généreusement graissé la patte (toutes nos économies y sont passées, quel bandit ce René !), nous annonce que Marçou et moi avons été sélectionnés par le gouvernement pour être libérés de facon anticipée pour cause de Covid-19.
Ravis et en même temps très déçus, nous quittâmes ce haut lieu de désolation la tête fière et dressée vers le ciel, et décidâmes de prendre un logement ensemble. Nous avons fait un rapide calcul : les ASSEDIC et la CAF ne nous permettaient que de louer un douze m2 : exactement la même surface au sol que notre fongique cellule, bonjour l'évolution sociale... d'autant plus que nous avons, maintenant, à peine le droit de sortir, autant dire que les affaires ne s'arrangent pas.
Et c'est donc sur cette phrase récurrente et très inspirée de Marcel que je vais vous quitter : "Vive la liberté et vive la France !".