Tel était l'un des thèmes majeurs du congrès de professionnels de la santé organisé tout dernièrement à Chamonix par l'association Cham et son président, Guy Vallancien. Ce fut l'occasion de réfléchir aux raisons pour lesquelles ces questions sont traitées si différemment ici et là, notamment chez nous, en France, et dans le monde anglo-saxon. En première approximation, on pourrait dire que la santé est une des conditions du bien-être, qui est lui-même condition du bonheur. Mais qu'ajoute au juste ce dernier terme aux deux autres? Un jour qu'un magazine nous avait réunis pour un débat, Boris Cyrulnik, dont les Mémoires viennent de paraître (Sauve-toi, la vie t'appelle, chez Odile Jacob), me raconta cette petite fable qu'il avait trouvée quelque part dans Péguy. Une voiture est stoppée sur la route par un chantier. Un ouvrier casse des cailloux à l'aide d'une lourde masse, la figure déformée par l'effort et la fatigue. Le chauffeur l'interroge. Que faites-vous? Je prépare du mortier, répond l'ouvrier, qu'il pleuve ou qu'il vente, et c'est un métier de chien! Le cocher reprend son chemin et tombe sur un second chantier, identique au premier. Un homme, là aussi, broie des pierres, mais il semble plus serein. À la même question, la réponse est différente: oui, le métier est dur, c'est vrai, mais il permet du moins de travailler au grand air et de nourrir la famille, ce qui n'est déjà pas si mal. Le chauffeur repart et croise un troisième chantier. Même travail, même lourde masse, mais cette fois-ci, l'homme à l'air aux anges, le visage illuminé. Intrigué, le conducteur repose sa question. Moi? Je construis une cathédrale, lui dit l'infatigable travailleur, et sa réponse, bien sûr, dévoile la signification de la fable: elle suggère que l'idée de bonheur suppose, à la différence du seul bien-être, qu'on prenne en compte la dimension du sens de la vie. Elle est même l'élément essentiel, celui qui fait la différence entre le bien-être animal et le bonheur humain.
D'où vient alors que ces questions soient si différemment traitées selon les cultures ? Pourquoi, par exemple, la recherche sur les antidouleur s'est-elle développée de manière infiniment plus large et plus précoce dans les pays anglo-saxons de tradition utilitariste que sur le Vieux Continent ? Le phénomène est si frappant pour des médecins qu'il mérite explication. À l'encontre de ce qu'on croit trop souvent chez nous, l'utilitarisme n'est pas une doctrine nécessairement égoïste. Il soutient seulement que toutes nos actions sont commandées par des intérets, en fait par un intérêt fondamental bien-être. En clair, il n'existe pas d'actes gratuits, pas de comportements désintéressés. Pour autant, une action est bonne, non pas quand elle satisfait seulement mes intérêts particuliers mais quand elle tend à engendrer la plus grande somme de bonheur possible pour le plus grand nombre. Autrement dit, ce qui compte moralement, c'est la quantité globale de bien-être ou de souffrances dans le monde. Dans notre tradition républicaine, qui est plus qu'on ne pense un héritage du 'christianisme, c'est presque l'inverse. D'abord, ce que nous valorisons avant tout, c'est l'action qui semble désintéressée, réellement généreuse. Du coup, la lutte contre la douleur n'est pas l'essentiel. Le but de la vie n'est pas tant le bien-être que l'émancipation et l'humanisation des hommes, finalités qui passent souvent par des sacrifices, voire, s'il le faut, par des souffrances. À la limite, comme dans la théologie chrétienne, la douleur peut avoir une vertue rédemptrice ou, à tout le moins, civilisatrice : il faut savoir souffrir, "prendre sur soi" pour parvenir à être un humain digne de ce nom et cette logique doit s'enseigner dès l'école. On n'y va pas pour s'amuser, mais pour travailler, pour faire des efforts sous peine d'être soumis au bonnet d'âne. Dans le domaine alpin, on parle de "bavante" : il faut en "baver" pour arriver au sommet, mais c'est là-haut qu'est la récompense, et ceux qui restent en bas ne la connaîtront pas. Pour les utilitaristes, le bien-être est le fin mot de l'existence humaine et, à la limite, le bonheur s'y réduit. Dans notre tradition indissolublement catholique et républicaine, le bien-être est secondaire par rapport à ces objectifs supérieurs que sont la liberté et l'élévation de soi, de sorte que le bonheur, comme pour l'ouvrier qui construit la cathédrale, ne saurait se résumer au seul bien-être, car, à tort ou à raison, il suppose du sens et la conscience de finalités supérieures.
Vous allez utiliser cette histoire pour construire un apologue à la façon de la Fontaine : les matériaux que vous devez utiliser sont :
- des passages narratifs, descriptifs, argumentatfs.
- des paroles rapportées au discours direct, indirect.
- Une morale à la fin. Ne pas oublier le titre,
C'est dur...avez-vous des idées svp ? J'ai dû mal à démarrer.

Merci.
J'ai mis deux heures pour écrire ce sujet...j'ai réécrit tout le texte car je ne l'ai pas trouvé sur internet pour pouvoir faire un copier/coller de celui-ci. Je ne sais pas s'il y a des fautes, peut-être que vous en verrez vers la fin du texte, c'est fort probable, car j'en pouvais plus :O
» modifié le 29 octobre à 13h20 par Sossinettoune