Ces artistes complètement toqués méritaient bien une journée pour leur rendre hommage !
C'est la France, reine de la gastronomie mondiale, qui revendique l'honneur de compter les chefs les plus illustres, mais il en existe aussi dans le monde entier.
C'est donc à eux que nous choisirons de rendre hommage en cette journée du 20 octobre qui leur est dédiée.
Créée en 2004 par la World Association of Chefs Societies, cette journée vise à promouvoir les valeurs des cuisiniers.
Nous citerons Auguste Escoffier pionnier de la gastronomie française moderne, Paul Bocuse, fidèle héritier des mères lyonnaises, mère Fillioux, mère Brazier, mère Léa, et de leur cuisine traditionnelle régionale, Fernand Point chez qui Bocuse fit son apprentissage, Georges Blanc issu d'une dynastie de "mères" bressanes, Bernard Loiseau qui se suicida suite à la menace du retrait d'une étoile au guide Michelin, Gaston Lenôtre, célèbre pâtissier, Jean-Pierre Coffe, Raymond Oliver, Alain Ducasse, à Paris et Monaco, Anne Sophie Pic à Valence, Christophe Arribert à Uriage, Pierre Gagnaire ou Joël Robuchon, ambassadeur de la cuisine française, de par ses nombreux restaurants dans le monde entier.
Nous ne pourrons pas épiloguer sur tous les chefs de l'art culinaire, à savoir également Philippe Rochat, Roger Vergé, Benoit Vilolier, René Lasserre, André Daguin, Alain Senderens, Jean-Pierre Haeberlin ou Robert Linxe.
On n'oublie pas quelques artistes espagnols, italiens ou asiatiques.
ALBERT HERAIZ, Nous citons là, le plus grand chef espagnol célèbre pour sa paella qui a su la moderniser tout en respectant les règles de Valence : poulet, lapin et jamais de fruits de mer ni de poissons.
MASSUMO BOTTURA rend honneur à la cuisine italienne, chef triplement étoilé au guide Michelin du restaurant L'Osteria Francescana à Modène.
L'Asie est également fière de ses grands cuisiniers auxquels le Michelin rend honneur en 2025 en étoilant leurs restaurants : :
Tomoyuki YOSHINAGA, chef de Sushi Yoshinaga (Paris 2e),
Shinichi SATO, chef de Blanc (Paris 16e).
Yasunari OKAZAKI, chef de l’Abysse à Monte-Carlo.
Et nous revenons en France, pour saluer quelques artistes inégalables que nous connaissons mieux.
JOËL ROBUCHON
Nous porterons donc notre attention, en particulier à JOËL ROBUCHON élu "cuisinier du siècle" par Gault et Millau en 1990, qui a développé ses restaurants français partout dans le monde.
Rien ne le destinait à la cuisine puisqu'il devait devenir prêtre ! C'est à l'occasion d'un ''Petit Séminaire'' qu'il se passionnera pour la cuisine et s'inscrira comme cuisinier pâtissier.
Il a fait partie des Compagnons du Devoir et c'est Jean Delaveyne, chef cuisinier précurseur de la nouvelle cuisine, qui l'initiera.. il démarre comme chef d'une brigade de 90 cuisiniers à l'hôtel Concorde Lafayette, âgé alors de 28 ans.
Il fut à la tête d'un véritable empire mondial de restaurants gastronomiques, et l'on peut lui donner le titre d'ambassadeur de la cuisine française.
BERNARD LOISEAU
Grand chef des années 80/90, il doit son goût de la cuisine à sa mère.
Il devient apprenti en même temps que le chef Guy Savoy chez les frères Troisgros à Roanne, dans ce restaurant qui obtient sa troisième étoile au Michelin la même année et son but sera d'en obtenir une, un jour, personnellement.
Ayant obtenu son CAP de cuisinier, le chef Claude Verger lui confie la gestion d'un des restaurants qu'il vient d'ouvrir. Sept ans plus tard, Bernard Loiseau le rachètera et le renommera ''Relais Bernard Loiseau''.
Il fut énormément médiatisé.
En 2003, devenu membre des Relais & Châteaux, Bernard Loiseau fait l'objet, dans le journal ''Le Figaro'' d'une critique négative de François Simon du Gault et Millau, mais conserve malgré tout ses 3 étoiles au Guide Michelin.
Toutefois c'est suite à cela que Bernard Loiseau met fin à ses jours, sans explications, le 24 février 2003 à l'âge de 52 ans
Une grande partie de la profession accuse les guides Michelin et Gault et Millau d’avoir motivé le suicide de Bernard Loiseau. Le Guide Michelin aurait menacé Loiseau de lui retirer une étoile alors que le Gault et Millau venait d’abaisser la note de son restaurant.
Paul Bocuse dira publiquement dans les médias : “Votre appréciation aura coûté la vie d'un homme''.
LA MERE POULARD
De son vrai nom, Anne Boutiaut était une cuisinière du début du XXe siècle, patronne d'une auberge au Mont-Saint-Michel et sa fameuse omelette soufflée fit sa renommée.
La Mère Poulard était connue pour sa grande hospitalité.
Elle repose aujourd'hui dans le petit cimetière du Mont-Saint-Michel
EUGÉNIE BRAZIER
Elle fut une des mères emblématiques des bouchons lyonnais. C'est la première femme à obtenir trois étoiles au Michelin.
D'origine bressane, elle apprend les bases de la cuisine dès l'âge de 10 ans.
Dès 1921, elle ouvre son bouchon lyonnais que est encore aujourd'hui l'un des emblèmes de la ville de Lyon.
Elle fut la première mentor de Paul Bocuse qu'elle eut en apprentissage.
AUGUSTE ESCOFFIER
Chef de cuisine du début du XXe siècle, renommé pour être l'un des chefs de la cuisine moderne et à qui l'on doit de nombreuses recettes, notamment la pêche Melba, la poire Belle-Hélène, et avoir aussi modernisé les recettes de Marie-Antoine Carême.
Bien que dans sa famille, la cuisine fut une institution avec une grand-mère cuisinière hors paire et ses oncles et sa tante professionnels dans la restauration, rien ne le prédestinait à l'art culinaire puisqu'il rêvait de devenir sculpteur !
Sous l'influence familiale il sera toutefois envoyé en apprentissage au ''Restaurant français''
Pour l'anecdote, Escoffier souhaitait baptiser des crêpes au nom du Prince de Galles (futur roi Edouard VII), lequel aurait répondu qu'il n'en était pas digne et lui suggéra de les appeler du prénom de la personne qui l'accompagnait : Suzette.
Il contribue ensuite au développement de l'hôtellerie grand luxe, fréquentée par l'aristocratie. C'est sans doute pour cette raison qu'il fut surnommé ''le roi des cuisiniers'' et ''le cuisinier des rois''
RAYMOND OLIVER
Il est devenu célèbre en 1953 pour avoir créé et animé durant 14 ans, aux côtés de Catherine Langeais la première émission de télévision consacrée à la cuisine : ''Art et Magie de la Cuisine''.
Ce grand chef de cuisine fut propriétaire du Grand Véfour, un célèbre restaurant parisien du 1er arrondissement qui fut classé 3 étoiles au Michelin.
GASTON LENÔTRE
Le grand maître des pâtissiers à qui l'on doit doit les célèbres gâteaux nommés ''succès'', ''concorde'' ou ''financier'' (et pas ''l'opéra'' qu'il se serait attribué après avoir racheté la pâtisserie Dalloyau mais qui aurait été inventé en 1955 par le pâtissier Cyriaque Gavillon de la maison Dalloyau)
Lenôtre profitera de son nom devenu prestigieux pour ouvrir l'école Lenôtre à Paris.
JEAN-PIERRE COFFE
Cuisinier, chanteur, animateur de radio et de télévision ainsi qu'auteur, heureusement pour lui, ses fonctions d'animateur l'ont sans doute largement médiatisé.
Il est connu pour être le grand défenseur de la cuisine des produits du terroir et grand critique de la cuisine industrielle, ainsi que pour son franc-parler, n'hésitant pas à qualifier publiquement les produits industriels de ''merde'' à la télévision, à la radio ou dans ses livres.
CHRISTOPHE ARRIBERT
Né en 1971, issu d'un milieu montagnard descendant d'une famille d'agriculteurs iséroise, c'est à Uriage-les-Bains qu'il affiche deux étoiles au Michelin et quatre toques au Gault et Millau
PAUL BOCUSE :
Je terminerai mon article avec une note subjective, car à mon avis c'est sûrement le plus grand de tous ces chefs historiques qui ont marqué la gastronomie française !
Originaire de la région lyonnaise, Paul Bocuse a commencé son apprentissage chez Eugénie Brazier, mère emblématique de la cuisine lyonnaise. Il restera fidèle à ses recettes régionales et traditionnelles et perpétuera à tout jamais ''la Poularde demi-deuil''.
Il eut ensuite comme mentor Fernand Point, propriétaire du restaurant gastronomique ''La Pyramide'' à Vienne (qui existe toujours), pionnier de la gastronomie française, premier chef à obtenir trois étoiles au Michelin en 1933 (jusqu'en 1955) et considéré comme un des pères de la nouvelle cuisine.
Quant à Bocuse, la renommée culinaire remonterait à son grand-père. C'est à lui qu'appartenait l'auberge Bocuse à Collonges, dont il hérita.
Après avoir travaillé chez Fernand Point, il obtient sa première étoile Michelin aux côtés de son père à Collonges. Trois ans plus tard, il obtiendra le titre de Meilleur Ouvrier de France.
Valéry Giscard d'Estaing lui remettra la Légion d'honneur, suite à quoi il créera pour l'occasion la soupe VGE (aux initiales du président) célèbre potage aux truffes noires.
À la fin des années 1980, il créera le concours mondial de la cuisine, le ''Bocuse d'Or'' puis deviendra président du concours ''Meilleur Ouvrier de France''.
Il fut baptisé ''Le Pape de la cuisine''.
Hommage à ce grand artiste !
Et que cette journée du 20 octobre destinée à tous les grands chefs, leur rende honneur, et que leurs recettes subsistent pour l'éternité.
Bravo à tous ces mecs complètement toqués !
Et place à un quiz gastronomique !