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Étant concerné, je me permets de témoigner.
À 5 ans, je suis entré en 1e année primaire (je ne sais pas à quoi ça correspond en France, mais c'est juste après les maternelles). Je ne m'en souviens pas très bien mais, apparemment, vu que je savais déjà lire, écrire et compter, je ne voulais plus aller à l'école car je m'ennuyais et je n'apprenais rien.
Les profs ont alors décidé de me faire passer directement, la même année, en 2e (oui, chez nous, on compte à l'endroit, je n'ai jamais compris pourquoi les Français comptaient les années scolaires à l'envers...).
A priori, c'est une bonne chose. J'apprenais enfin, tout en restant premier de classe, et j'ai pu commencer à gagner ma vie un an plus tôt.
Mais, le revers de la médaille, et ça m'a poursuivi pendant toute ma scolarité, c'est que le développement des connaissances ne va pas de paire avec le développement émotionnel. Donc, même si vous avez les connaissances et le niveau intellectuel d'un enfant de 7 ans, sur le plan de la maturité, vous restez un enfant de 5 ans et c'est très différent. Du coup, étant en plus de la fin de l'année, pendant 10 ans, j'ai été en classe avec des gens 2 ans plus âgés que mois et, durant l'enfance et l'adolescence, 2 ans, c'est beaucoup. C'est probablement ce qui m'a valu d'être une tête de turc pendant longtemps à l'école et c'est quelque chose qui revient souvent comme cause de harcèlement.
Ce n'est pas facile à vivre. Pendant l'enfance, vu la différence d'âge, vous n'avez pas les mêmes centres d'intérêt que vos camarades, donc peu voire pas d'amis. Puis, quand les autres deviennent ados et qu'ils vous parlent de trucs d'ados (à commencer par le sexe), vous, avec vos 2 ans de moins et qui êtes encore un enfant dans votre tête et dans votre corps, vous êtes complètement largué.
Donc, sauter une classe, c'est bien mais il faut savoir gérer derrière sur le plan émotionnel, sinon ça peut s'avérer un calvaire. Et encore, il y a des cas bien pires que le mien à ce niveau-là.
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