Cela dépend ; si l'on se fait relire par la bonne personne, on peut rédiger dans un anglais tout à fait correct, d'autant plus que ma génération est généralement à l'aise avec la langue de Shakespeare : entre l'impact culturel et la place à l'école de l'anglais, je demeure une exception quant à ma maîtrise fragile de cet idiome (encore que, je me défends, la faute au bourrage de crâne). Et puis, ne négligeons pas certains outils comme DeepL, démocratisés parmi les étudiants et les élèves du secondaire, qui permettent d'éviter la plupart des erreurs basiques, surtout si l'on se contente d'une syntaxe simple.

J'ai un ami, habitué des correspondances avec les écrivains et autres intellectuels, qui a déjà tenté d'écrire à quelques éminentes personnalités comme Paul Auster (le timing était mauvais, ce grand maître de la littérature américaine devait en effet décéder quelques semaines plus tard). Croyez-moi, il a soigné son texte ! Je pars de toute façon du principe que quand on écrit à quelqu'un, surtout s'il s'agit d'un inconnu, on soigne particulièrement son écriture. D'autant plus si le canal n'est pas propice à une grammaire, une orthographe et une syntaxe plus légères (type réseaux sociaux).
Je n'ai personnellement pas les soucis que vous évoquez puisque les trois personnes que je mentionnais sont toutes françaises, exercent des métiers en lien étroit avec l'écriture et ont ensemble une moyenne d'âge devant avoisiner les cinquante ans. De mon côté, je me destine à l'enseignement du français, et je suis titulaire d'un master recherche en littérature(s) française(s) : mon intérêt pour notre langue n'est plus à prouver. Je ne suis pas irréprochable, évidemment, mais je me targue d'avoir une certaine aisance en matière de rédaction. Néanmoins, nul besoin d'un bac +5 sur le sujet : il suffit bien souvent de s'ouvrir sincèrement, de se relire et de se faire relire, pour qu'une lettre d'admiration soit agréable à la lecture. Et c'est généralement le but lorsque l'on s'adresse à son idole : le toucher, rendre une partie de ce que son art ou son action nous inspire.
Sur le volet réponse, c'est au petit bonheur la chance, et globalement plus la personne est connue par le grand public, moins il est réaliste d'en attendre une. Cela dit d'une part on n'écrit pas toujours (dans le fond, rarement) en vue d'une réponse, et d'autre part on peut être surpris ; à ce titre, les domaines et les personnalités de nos destinataires jouent beaucoup. Je crois sincèrement qu'il est beaucoup plus facile de correspondre avec un écrivain ou un chercheur qu'avec, par exemple, un artiste musical ou un sportif : la correspondance est en effet une tradition dans les deux premiers cas. De même qu'il est plus aisé d'atteindre quelqu'un issu de la scène indépendante que de la scène dite "mainstream", pour une raison évidente de volume de ce genre de messages.