@Theor : Plus c'est gros, mieux ça passe comme on dit...

Merci pour les chiffres sourcés, c'est plus que nécessaire, surtout en ce moment. Car sans aller jusqu'au fameux point Godwin (qui pourtant, serait justifié...), on le sait depuis presque toujours, cela fait des années que les faits, les chiffres et les victimes le disent : l'extrême-droite est violente vis à vis de celles et ceux qui s'opposent à elle, et parfois même, elle tue, et tant qu'elle sévira encore, on ne le dira jamais assez.
Et hélas, la mort de Quentin Deranque ne va rien arranger : bien que les circonstances de l'incident soient encore floues, l'extrême-droite, par certaines têtes d'affiches faisant le tour des nombreux médias à sa solde, a battu le fer encore chaud et a ainsi aussitôt imposé son narratif au grand public, aux dépends de toute déontologie, à des fins uniquement idéologiques, sans quelconque recherche de vérité (du trumpisme, en somme...) : "Le danger, c'est l'extrême-gauche, la violence d'extrême-droite n'existe pas, Quentin est un martyr". Et dans le contexte d'un fascisme galopant, de médias de plus en plus poreux à ses idées et d'un cordon sanitaire contre l'extrême-droite complètement disparu, ça fait des ravages, et la vérité finit par devenir subversive : la prise de parole scandaleuse de Marion Maréchal le Pen en est un exemple hélas criant.
Mais là où tout ça n'est plus seulement désolant, mais carrément dramatique et terrifiant, c'est que désormais, même les plus hauts sommets de l'État ont adopté ce narratif ! En témoigne la minute de silence absolument honteuse observée à l'Assemblée Nationale et qui sera peut-être à marquer d'une pierre noire comme étant le moment où des député·e·s qui avaient été élus grâce au Front Républicain ont épousé la logique fasciste. Car oui, faire une minute de silence pour un militant néonazi mort pour ses idées rances en bataille rangée est indigne. Et qu'on me comprenne bien : personne ne mérite de mourir pour ses idées, mais certaines idées ne méritent pas qu'on honore des personnes qui sont mortes pour, et j'ose espérer que le racisme, l'homophobie ou encore le suprémacisme en font partie. Et en cela, Quentin n'est sûrement pas un martyr.
Des martyrs, parlons-en tiens. En voici :
- Angela Rostas, enceinte de 7 mois et tuée par deux chasseurs parce que tzigane le 22 février 2024
- Djamel Bendjaballah, renversé en voiture puis écrasé après des mois d'injures racistes par Jérôme Décofour, militant historique d'extrême-droite le 31 août 2024
- Hichem Miraoui, tué de cinq balles par un sympathisant RN car d'origine étrangère le 31 mai 2025
- Emine Kara, Aburrahman Kizil et Sirin Ayd, assassinés par William Malet, sympathisant RN de très longue date, car étrangers le 23 décembre 2022
Et je pourrais continuer encore longtemps : que des assassinats racistes, tous commis sous le second mandat de Macron et tous indiscutablement imputables à l'extrême-droite et à l'idéologie qu'elle véhicule. Parmi eux, personne n'a eu droit à une minute de silence à l'Assemblée Nationale. Pourquoi ? À cette question, il n'est hélas pas de réponse qui ne remette pas en cause la normalisation des idées fascistes en France.
Avec tout ce climat nauséabond, l'avenir ne présage rien de bien réjouissant. Pour ma part, je garde ma boussole toujours sur moi pour me guider : celle qui indique "Siamo tutti antifascisti"...