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@Titi :
"D'ailleurs, les antifas sont bien contents qu'il existent des collectifs nationalistes qu'ils peuvent combattre. Ça leur permet de justifier leur existence et leurs actes." => Titi, je t'apprécie et d'habitude, j'apprécie ton discernement mais là, je trouve cette phrase vraiment irrespectueuse : l'antifascisme n'existe que parce que le fascisme existe. Son unique vocation est de faire face au fascisme en l'empêchant de prospérer pour ainsi protéger ses potentielles victimes. Affirmer que les antifascistes seraient "bien contents" qu'il existe des fascistes pour pourvoir leur taper dessus, c'est au mieux une très grande méconnaissance de leur mouvance, au pire une grave diffamation, car tous les antifascistes sincères dans le monde ne souhaitent qu'une seule chose : que le fascisme disparaisse (et eux-mêmes aussi par la même occasion) et qu'il n'y ait plus de rixes dans les rues à cause de cela. La violence qui est parfois employée par certains collectifs antifascistes n'est qu'une réponse à la violence de l'extrême-droite qui elle, est pathologique. Car surprise, on ne combat pas la violence du fascisme par des discours, de la modération, de la raison et des bons sentiments : le fascisme n'en a que faire, plus d'un siècle d'Histoire et des exemples par centaines nous le montrent (exemple récent : la prise du Capitole par des Trumpistes qui se sont affranchis de la vérité des urnes pour tenter de se maintenir au pouvoir).
Alors évidemment, quand on voit la mort de Quentin Deranque après une bataille rangée d'une rare violence, on est tenté de "se refuser à les départager" comme tu l'écris. Mais les chiffres et les faits le montrent : c'est l'extrême-droite qui assassine ! Cette impression que les deux camps sont d'égale violence n'est qu'une vision faussée de la réalité provoquée par la préférence médiatique et politique d'un pays qui bascule chaque jour un peu plus vers le fascisme. Car où étaient les caméras des journalistes quand Angela Rostas, Djamel Bendjaballah, Emine Kara, Aburrahman Kizil, Sirin Ayd et Aboubakar Cissé ont été assassinés par des individus biberonnés à l'idéologie mortifère d'extrême-droite, c'est parce qu'il n'y avait pas assez de sang, c'est ça ? Et où était l'indignation de nos politiques quand Ismaël Aali, Éric Casado-Lopez, Hichem Miraoui et Federico Martin Aramburu sont morts d'avoir été étrangers face à des militants de la haine, c'est parce qu'ils n'étaient pas au courant, hein ? Au final, hélas bien peu de monde a eu vent de leur destin tragique, mais ils sont bel et bien morts du fait de la violence d'un seul camp : l'extrême-droite ! Ne pas en avoir entendu parler est une chose, mais faire comme si leurs morts n'avaient pas existé et ne prendre en compte que celle de Quentin Deranque pour renvoyer les fascistes et les antifascistes dos à dos n'est rien d'autre qu'une négation de la réalité des choses, à savoir que l'extrême-droite et le fascisme sont infiniment plus dangereux que ne le sera jamais l'antifascisme, et mettre un signe égal entre eux est donc une faute politique énorme selon moi.
Et "cerise sur la gâteau", si j'ose dire : tandis que toutes les victimes de l'extrême-droite que j'ai citées précédemment sont mortes sans avoir cherché le combat, sans armes et sans volonté d'en découdre, mais simplement fauchées par la haine fasciste un jour ordinaire, Quentin Deranque, lui, est mort d'avoir cherché le combat avec sa bande de nationalistes ultraviolents armés et cagoulés face à un groupe antifasciste de la Jeune Garde. Car quand les fascistes agressent et tuent des victimes sans défense, les antifascistes, eux, sont là en réaction.
"Espérons qu'il reste suffisamment de gens sensés et modérés qui auront l'envie de se bouger jusqu'au bureau de vote." => Mais qu'est ce que la modération ? Hier, la modération, c'était d'être par tous les moyens possibles contre le RN et de défiler dans la rue face à lui, comme lors de l'entre-deux-tours de l'élection présidentielle de 2002. 20 ans plus tard, la présence du RN au second tour n'a pas provoqué le moindre remous. Alors de quelle modération parle t-on ? La vérité, c'est que le centre de la politique française dévie sur la droite depuis des années maintenant. Ainsi, ce qui était modéré hier ne l'est plus aujourd'hui, et est même parfois considéré comme étant extrême, et des gens qui ont gardé intacts leur principes au fil des années et qui ne se sont pas laissés emporter par le glissement à droite du paysage politique français se voient curieusement changer d'accointance. Un excellent exemple de cela est Dominique de Villepin : premier ministre sous Chirac, issu de la droite traditionnelle et dure, il passerait aujourd'hui presque pour un militant de gauche car il garde en boussole un principe fort : tout pour contrer le RN, même voter pour la gauche ! Une parole devenue minoritaire au sein de la droite française aujourd'hui, qui se confond chaque jour un peu plus avec l'extrême-droite et qui ne compte dans ses rangs guère plus que quelques figures pour encore appliquer ce saint principe : Xavier Bertrand, Florence Portelli, et... pas grand-monde au final !
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