Je ne reviendrai pas sur les chiffres, je suis bien d'accord que l'extrême droite instrumentalise un peu trop la mort de Quentin à des fins politiques, surtout compte tenu de leur passé.
Pour la minute de silence à l'Assemblée nationale, tu m'as presque convaincu. Effectivement, il y a une différence entre rejeter la violence politique et honorer quelqu'un, et les personnes tuées par l'extrême droite n'ont pas eu cette considération. Néanmoins, c'est assez triste à dire, mais les deux types de mort n'ont pas la même signification. D'un côté, des personnes sont mortes (notamment) pour leurs origines, de l'autre, quelqu'un est mort pour ses idées. Les deux types de mort sont complètement horribles, mais pour une institution symbole de la démocratie et de la pluralité des opinions, la deuxième est beaucoup plus significative symboliquement : en démocratie, on ne meurt pas pour ses idées (pas non plus pour ses origines, certes, mais ce n'est pas ce que l'AN symbolise). J'ajoute, mais ce n'est peut-être qu'un point de vue purement personnel, que je ne vois pas une minute de silence comme honorant quelqu'un, mais elle lui rend hommage, ce qui n'est pas pareil : d'un côté, on célèbre le vivant de la personne, de l'autre, on dit que sa mort n'aurait pas dû arriver de cette manière, et on invite, pendant une minute, à réfléchir à ce qui s'est passé.
Par contre, je ne suis pas d'accord sur ton paragraphe sur les antifascistes, que tu sembles presque présenter comme des partisans de la paix, dont les dérapages ne sont que réponses à la violence de l'autre camp. Déjà, rien que le fait que certains qualifient toute personne de droite, voire parfois jusqu'à Emmanuel Macron, de facho, c'est un déni complet de ce qu'est réellement le fascisme, mais c'est même pire que ça, il faut arrêter de croire qu'insulter et haïr les gens qui ne pensent pas comme soi (parce que oui, c'est plus que de la lutte politique, c'est de la haine politique) va apporter quelque chose de positif, c'est tout l'inverse (et en plus sérieusement discutable en démocratie) ! Non seulement discriminer quelqu'un pour ses opinions qu'on ne juge pas acceptables risque immanquablement de le conduire à se radicaliser (la gauche s'est-elle déjà réellement demandée pourquoi les discours d'extrême droite prennent tant en ampleur depuis quelques années ?), mais en plus cela ne fait que contribuer à la bipolarisation/américanisation de la société, ce qui conduit à la violence qu'on a pu voir l'autre jour. La question à se poser, c'est POURQUOI de plus en plus de gens pensent comme ça, et je suis encore convaincu que le dialogue est la seule manière de "les ramener à la raison", alors que les actions antifascistes ne mèneront qu'à l'inverse, les conduisant à haïr la gauche, et ainsi de suite. Donc lutter contre les discours très extrêmes de droite, oui, mais cela doit se faire par la justice (par exemple en condamnant plus sévèrement les propos racistes ou actes néonazis), pas en insultant ou propageant des discours de haine contre ceux qui y adhèrent, ça c'est juste faire effet boule de neige !