Certes, nous ne reviendrons pas sur les problèmes d'apprentissage liés aux méthodes de travail, aux différentes réformes jamais suffisamment analysées ou évaluées, aux "partis pris condescendants"... ils sont incontestables, et on passerait des heures à débattre.
Pour reprendre l'exemple d'Aggie, des ingénieurs qui font des fautes, oui, des diplômés de tous niveaux et de toutes professions qui font des fautes, oui.
L'analyse de la situation est par ailleurs bien plus complexe.
Ce phénomène peut aussi relever d'un dysfonctionnement qui n'a rien à voir avec les méthodes d'apprentissage, mais provient d'une difficulté personnelle n'entachant nullement l'intelligence ni les capacités pas plus que les compétences dans un domaine professionnel défini. Il peut s'agir seulement d'une incapacité plus ou moins prononcée à raisonner sur l'orthographe, sur les règles de grammaire, sur les rapports grammaticaux des mots entre eux, sur les rapports des groupes de mots...
Le temps leur aura manqué à un certain moment, ils ont peut-être d'abord baigné dans un autre système de langue, les choses seront allées trop vite, les mécanismes ne se seront pas mis en place, et tant d'autres raisons...
De plus, tout ne fait pas sens pour tout le monde au même moment, et dans un monde qui va trop vite, qui est soumis aux exigences de la performance, aux carcans des examens et des concours, naissent des priorités.
Si souvent les fautes m'agacent, s'il m'est arrivé de m'en moquer sur le forum dédié à cet effet, jamais je ne tire sur l'ambulance pas plus que je ne condamne... pour connaître avec quel acharnement, quelle peine, quelle honte, quelle culpabilité, quelle souffrance certains jeunes gens se bagarrent contre leurs difficultés à maîtriser la langue.
Ne plus vouloir participer sur un forum au seul motif qu'il y a des fautes, c'est dommage, mais il ne s'agit que de mon avis.
Rien n'empêche les gens qui font des fautes d'avoir pleinement conscience de ce qu'ils disent, ni de construire des raisonnements parfaitement structurés, ni de posséder une solide culture, ni d'évoluer un jour parce qu'un déclic se sera fait, de progresser parce qu'ils auront trouvé un véritable intérêt à manier les mots, un vrai projet à mettre en place, des enjeux personnels ou professionnels, d'être curieux...
Fôt ke jarète sur se sujé, cherai intariçable
» modifié le 20 février à 2h01 par Lotoise