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Ne pas s'attacher, je ne sais pas, chaque situation est unique, cela dépend. Maintenant ne pas se faire d'illusion est nécessaire, pour soi-même.
Ce qu'il faut, c'est ne pas faire une fixation dessus. Disons, être capable de passer à autre chose, sans oublier, bien sûr, mais sans le vivre mal.
Chloé, j'ai bien précisé dans un rapport futur. Mmhm, ce que j'ai peut-être omis de dire est que ce n'est évidemment pas systématique. Je parlais évidemment d'exceptions. Si j'avais (moi ou un autre) un lien de sympathie avec tous mes professeurs, ce serait vraiment étrange... Mais certains nous marquent, et parfois, nous les marquons aussi. Il peut advenir qu'ils éprouvent l'envie (ou le devoir) de nous offrir leur accompagnement plus longtemps, et alors ils ne le font plus dans le cadre de leur travail au sens strict du terme. Il ne s'agit pas d'une amitié, pas encore, mais cela peut éventuellement le devenir plus tard. Comment dire, c'est... Au-delà des émotions banales. J'ai l'impression que ça se produit rarement. Et ce n'est pas une question, finalement, de préférence, enfin je ne le conçois pas ainsi, mais ça part d'une envie qui prend en partie racine dans une certaine subjectivité. Un certain ressenti lié aux émotions, ce qui fait appel à l'humain et non plus au professeur. Bien sûr qu'il faut faire son possible, en tant que professeur, pour être juste, évidemment que les bons professeurs s'adaptent quelque peu à leurs élèves; mais parfois des liens se créer entre les personnes. C'est rare; mais ça arrive. En cours, l'égalité est de mise, mais ensuite, je ne vois pas en quoi entretenir une relation de sympathie avec un ancien élève afin de le conseiller, de l'aider, dans un cadre complètement autre que scolaire serait dérangeant pour qui que ce soit. Et nous faisons tous des erreurs; nous sommes loin d'être des machines. Donc, un commentaire taquin lancer négligemment et en toute innocence ne devrait pas susciter tant d'indignation tant que ce n'est pas habituel.
Les choses les plus incroyables adviennent lorsque l'on fait un peu plus que l'on est censé, je crois.
En réalité, plus que de l'amitié, je voulais parler de la notion que je nomme "précepteur". Bref, dans ce cas précis, il s'agit d'un professeur, qui va donc bien plus loin qu'il ne devrait dans la connaissance qu'il vous apporte, certe parce qu'il y a une certaine sympathie et compréhension entre lui et l'élève, mais surtout par soucis de transmission, je crois. Et par foi en vous, aussi. Pour moi ça ne s'appelle pas du favoritisme (surtout qu'il n'est pas censé le montrer lorsque tous les individus de la classe sont présents), c'est plus une capacité de l'élève à comprendre remarquablement bien la manière dont le professeur expose ce qu'il enseigne, et une volonté du professeur à apporter plus à cet élève parce qu'il sait ce dont il est capable et ce dont il a besoin -chose dont, dans ce cas, l'élève n'a aucune idée-. Ça relève donc d'une certaine connexion (j'appelle cela les esprits connectés) doublée d'une volonté absolue de transmettre (et d'apprendre chez l'élève). J'ai vécu cela (je ne fais donc pas une généralité de ce que je viens de dire, bien que je ne me sois pas attardée sur les détails, dans une volonté de globaliser). Et je souhaite à tout le monde de le vivre une fois. C'est très enrichissant -au-delà de l'aventure humaine dont il peut s'agir -. Condamner ce lien-ci revient pour moi à empêcher une profonde évolution de l'élève en tant que tel mais aussi en tant que personne. J'ai tant appris en vivant cela. Pas qu'en terme de connaissances littéraires, mais aussi sur ma propre personne, sur la vie, le monde, la poésie.
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