Il tatonna le long du drap jusqu'à la table de chevet tout en ne quittant pas du regard les yeux qui le fixaient, et arriva jusqu'au téléphone, qu'il sentit sous ses doigts, et jusqu'à la lampe.
Que faire ? appeler un numéro d'urgence, s'il en avait le temps ou faire face à l'inconnu ?
Il compris enfin qui était à côté de lui. Furia, sa jeune élève de 14 ans qui habitait chez elle. Elle lui dit: "Je suis venue dormir près de vous puisque j'ai peur des orages." En effet, l'orage faisait rage dehors.
Ses grands yeux verts l'observaient, le suppliaient.
-"Bon, d'accord, allonge toi, moi je vais boire un verre d'eau."
Il se leva et fila jusqu'à la cuisine.
Et soudain il se souvint que Furia était morte l'année dernière !!!! un grand froid envahit son corps et son esprit. Qui était dans la chambre ? Etait-ce celui qu'il voyait dans ses cauchemars depuis si longtemps ? allait-il jamais le laisser passer des nuits tranquilles... Et si cette fois-ci, le monstre mettait en action ce dont il le menaçait ?
Il décida de revenir vers sa chambre et d'affronter le monstre.
Mais juste avant, il prit un petit remontant, un whisky, et soudain, un grand bruit, violent et assourdissant, semblant venir de la chambre, le fit vaciller.
Il bascula et son épaule frappa le mur. Il n'eut pas le temps de réagir, une seconde secousse plus forte le fit tomber en avant. Il n'était plus en état de réfléchir. Instinctivement, il se mit à ramper en cherchant à se raccrocher aux meubles les plus proches qui étaient restés en place.
Etait-ce un tremblement de terre, ou la Chose dans la chambre ?
Soudain, le silence se fit et plus rien ne bougea. Il attendit une minute environ avant de se redresser, et de frotter ses côtes endolories par la chute.
C'est alors qu'il remarqua comme un lambeau de couleur verte, d'aspect gélatineux, qui dépassait du seuil de chambre. La pointe, qui semblait allumée et rougeoyante, se redressait comme un petit périscope.
La chose gluante s'approcha de lui et lui souffla à l'oreille: "Je suis venue te chicaner pour la nombre de fois que tu ne t'es pas soucié de moi. Pour le nombre de fois que j'avais besoin de toi."
La voix provenait d'un orifice situé au milieu du bras principal, enfin ce qu'il devinait être le bras principal. Elle lui parlait dans sa langue, ou peut-être était-ce de la télépathie. Comme il se sentait malgré tout assez ridicule de parler à cette masse à tentacule, il essaya de planter son regard dans les yeux pénêtrants de la créature, et s'appliqua à penser très fort : Je ne comprends pas ce que vous voulez, d'où pourrais-je vous connaître... Que me voulez-vous ?